L’Algérie, cette femme battue.

By leroienpaix

Des chiffres qui font froid dans le dos, plus de 9000 femmes battues en 2004 et près d’une cinquantaine sont mortes chaque année sous les coups affligés par leurs maris, frères, pères ou que sais-je encore quel autre primate.
La violence, qu’elle soit conjugale ou autre, est un fléau qui touche le monde entier et qui ne répond à aucune logique sociale ou référence socio-démographique, car on la retrouve dans toutes les classes sociales, de la plus pauvre à celle dite aisée !

En effet, l’être lâche ne répond à aucun critère, c’est d’ailleurs le seul lien fédérateur qui unit tous les hommes de la planète, on peut être bête à en bouffer du foin ou intelligent, les hommes violents sont partout. Ce qui signifie que nous n’avons aucun moyen de reconnaître ou de détecter ce type d’individu à la boite crânienne vide.

Le fléau est d’autant plus répandu, et prend de plus en plus d’ampleur à cause de nos mentalités, qui n’arrangent rien. Rares sont les femmes qui osent se plaindre ou aller porter plainte. La violence est inscrite au plus profond de nos racines ancestrales, l’algérien a de tous temps été nerveux, et cela engendre des répercutions catastrophiques.

Comment alors combattre ça ? Donner des cours de karaté à nos femmes ? Leur apprendre à assommer un homme de 50 manières différentes rien qu’en se servant de leur rouleau à pâtisserie ? Non ! … Je pense qu’il faut stopper l’hémorragie depuis sa source, prévenir le mal en éduquant le mâle.

Cela doit se faire au niveau de nos écoles, débuter donc à notre plus jeune âge. C’est aux écoles d’enseigner aux jeunes garçons qu’il n’y a pas acte plus abjecte et plus lâche que de lever la main sur une femme. Si cette notion de respect mutuel et de non violence est instaurée, je dirais même endoctrinée depuis l’enfance, il y a de fortes chances que, arrivé à l’âge adulte, même si l’enfant est conforté à des violences quotidiennes dans son entourage, il pourra quand même faire barrage à cette politique de la main levée et de la chaussure lancée.

Le problème est que dans ces mêmes lieux où la tolérance et la non violence doivent être enseignées, c’est bien là où les enfants sont sujet à cette violence. Quand un prof violente ses élèves, que l’on ne s’étonne pas par la suite que ces même élèves, arrivés à l’âge adulte puissent reproduire le même système sur leurs congénères du sexe opposé.

Des cellules, ainsi que des associations d’aide aux femmes battues existent, mais là encore c’est un combat presque perdu d’avance. Ces femmes se battent contre un géant aveugle, qu’est notre société civile qui elle, souffre d’une grave cécité mentale. Lorsque vous avez une justice qui ne punie pas avec la fermeté et la sévérité qui se doit un homme violent, et qui surtout ne protège pas cette femme qui risque d’être répudiée par sa famille, comment voulez vous que ces femmes puissent avoir le courage par la suite de briser cette loi du silence et élever la voix contre cette loi de l’absurde.

L’Algérie… C’est cette femme qui n’a pas fini de souffrir, et qui se voit submergée par un torrent de violence, d’ignorance, d’intolérance et de mépris à son égard, par ces hommes remplis de haine et de bêtise ….. Hum, comme il serait bon que ces même hommes qui exercent leur pouvoir dominant puissent se retrouver dans la peau des ces même femmes qu’ils méprisent….. Je ne leur donne pas une seule journée et ils capituleront devant leur propre absurdité.

Entre les sifflés dans la rue, les remarque graveleuses, les voitures qui s’arrêtent pour des propositions indécentes, les flics qui vous draguent à chaque contrôle, les extrémistes qui vous forcent à vous voiler et vous terrer chez vous, les alcoolos qui vous maltraitent après un verre de trop, la famille qui vous traite de traînée car on vous a aperçue dans les bras d’un homme, les voisins qui colportent sur vous les pires rumeurs à cause d’une jupe trop courte le patron et les collègues avec leur harcèlement sexuel et les usagers des transports en commun qui se prêtent à des actes ignobles derrière votre dos … J’en passe et des meilleures, aucun homme sur terre ne pourrai survivre à 1/10eme de toutes ces attaques et pour couronner le tout, il vous faudra être forte, travailler, étudier, élever vos gosses, vous occuper de votre maison et de votre mari. Imaginez à présent l’espace d’un instant que, ajouté à toutes ces turpitudes, vous recevez un fer à repasser sur la tête ! Ce même fer qui vous a servi à repasser les chemises de cette même personne qui vous le lance ….

Dieu que c’est dur d’être une femme, Dieu que c’est courageux d’être une algérienne !

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